Dorénavant, Albin Michel est organisé en départements.
La littérature française est le premier d’entre eux, et la fiction le plus gros contributeur aux résultats du groupe. Eliette Abécassis, Jacques-Pierre Amette, Didier Van Cauwelaert, Catherine Hermary-Vieille, Frédéric Lenoir, Amélie Nothomb, Christine Orban, Yasmina Reza, Eric-Emmanuel Schmitt, Christian Signol, Bernard Werber, notamment, continuent à publier régulièrement, avec des succès grandissants.
Irène Némirovsky est republiée.
Mathieu Belezi, François Bon, Maurice G. Dantec, Alice Ferney, notamment, rejoignent Albin Michel. Maxime Chattam et Jean-Christophe Grangé, dans le domaine des thrillers, battent tous les records. Un nouveau venu, Patrick Bauwen.
La collection « Spécial Suspense », où se côtoient des auteurs français et étrangers, domine toujours le marché. Mary Higgins Clark et Patricia MacDonald, bien sûr, mais aussi Lisa Gardner, Sylvie Granotier, Philippe Margolin, Peter Robinson, Maud Tabachnik.
Christiane Singer décède en 2007, le jour où est publié son très beau livre testament, Derniers fragments d’un long voyage (100 000 exemplaires).
Le cinéma et la télévision se greffent sur ces succès. On a pu voir sur les écrans Les Rivières pourpres (d’après Jean-Christophe Grangé, 2000), Les Destinées sentimentales (d’après Jacques Chardonne, 2000), Un aller simple (d’après Didier Van Cauwelaert, 2001), Monsieur Ibrahim et les Fleurs du Coran (d’après Eric-Emmanuel Schmitt, 2003), Stupeurs et tremblements (d’après Amélie Nothomb 2003), Dans la tête du tueur (d’après Jean-François Abgrall, 2005), L’Empire des loups et Le Concile de pierre (toujours d’après Jean-Christophe Grangé, 2005, 2006), Odette Toulemonde (d’après Eric-Emmanuel Schmitt, 2007), Clémentine (d’après Vercors, 2008), et prochainement, en 2009, l’adaptation d’Oscar et la dame rose, d’Eric-Emmanuel Schmitt.
Les adaptations théâtrales tirées des textes d’Amélie Nothomb, Venedikt Erofeev, Christiane Singer sont régulièrement jouées à travers l’Europe. Le théâtre de Yasmina Reza et Eric-Emmanuel Schmitt connaît une renommée internationale. Ajoutons, en France, celui de Didier Van Cauwelaert, Patrick Cauvin et Frédéric Lenoir.
Viviane Forrester (Virginia Woolf), Jean-Claude Lamy (Mac Orlan, Prévert), Françoise Wagener (Louise de Vilmorin), notamment, sont venus doter le fonds, déjà riche, des grandes biographies d’artistes et d’écrivains.
En littérature étrangère, le prestigieux catalogue d’Albin Michel s’enrichit tous les jours. L’œuvre considérable de Sándor Marai est progressivement installée, tandis que Vikram Seth (Deux vies, 2007) et Dubravka Ugresic (Le Ministère de la douleur, 2008) le rejoignent. Des premiers romans remarqués : Dinaw Mengestu (Les Belles choses que porte le ciel, prix du Roman étranger 2007), Stefan Merrill Block (Histoire de l’oubli).
« Terres d’Amérique » se développe (Sherman Alexie, Joseph Boyden, Louise Erdrich, Brady Udall, James Welch…).
Du côté des documents, les ouvrages politiques d’actualité connaissent un grand succès. Jean Montaldo toujours, mais aussi Sophie Coignard, Martine Orange, Ghislaine Ottenheimer, Jean Ziegler. La Femme fatale de Raphaëlle Bacqué et Ariane Chemin, ainsi que Sexus politicus, de Christophe Dubois et Christophe Deloire, dépassent les 200 000 exemplaires.
Dans des genres différents, à noter les grands succès de Fabienne Verdier (Passagère du silence), François Forrestier (Marilyn et JFK) et Airy Routier (Le Fils du Serpent).
Pierre Bellemare continue à publier régulièrement ses Histoires extraordinaires et son fameux Almanach en suscitant le même engouement du public, et n’oublions pas, après les 100 mots à sauver, l’extraordinaire succès des 100 expressions à sauver de Bernard Pivot : 300 000 exemplaires.
Dans les départements Sciences humaines et Psychologie, on note l’arrivée de grands essayistes parmi lesquels François Cheng, Daniel Cohen, Caroline Eliacheff, André Comte-Sponville, Elisabeth de Fontenay, Maurice Godelier, Pierre Hadot, Élisabeth Roudinesco, Paul Veyne.
La « Bibliothèque Albin Michel », traditionnellement déclinée en « Idées », « Histoire », « Économie », s’enrichit en 2008 d’une nouvelle branche : « Sciences ». Les œuvres complètes de C. G. Jung continuent d’être réunies dans la « Bibliothèque jungienne », tandis qu’une entreprise intellectuelle d’envergure voit le jour en 2007 avec la publication du premier volume des Lieux de savoir (sous la direction de Christian Jacob) et que s’affirme, depuis 2001, une collection originale, « Itinéraires du savoir », où de grandes figures intellectuelles se racontent : Jean Baudrillard, Aimé Césaire, Pierre Vidal-Naquet, George Steiner, notamment.
Côté psy, on note la création et l’affirmation de collections nouvelles : « C’est la vie aussi » (2004) et « Questions d’ados » (2001) forment désormais, avec « Questions de parents » (1995), un ensemble original fournissant aux parents des outils pour réfléchir aux problèmes qu’ils rencontrent au quotidien et y faire face. Depuis Vivre le deuil au jour le jour, son premier titre publié en 1993, la collection « Comment faire face » s’est également imposée comme une référence en librairie.
Le département Spiritualités, fort de ses collections traditionnelles et de ses séries « poche » réputées, est l’un des piliers du fonds de la maison. Favorisant le dialogue interreligieux et le débat théologique et ecclésial, il élargit son champ éditorial en direction des documents et des beaux-livres, ainsi qu’aux témoignages sur le parcours spirituel d’artistes (Fabienne Verdier) et d’écrivains (François Cheng, Jean-Claude Guillebaud). A noter une belle réussite du côté des livres à vocation encyclopédique : Histoire de l’islam et des musulmans en France (sous la direction de Mohammed Arkoun, 2006).
Le Pratique fête le centenaire de Je sais cuisiner de Ginette Mathiot, plusieurs auteurs dépassent les 100 000 exemplaires : Alain Delabos (Mincir sur mesure, 250 000 ex.), Dominique Glocheux (La vie en rose, 300 000 ex.), Michel Odoul (Dis-moi où tu as mal, je te dirai pourquoi, 320 000 ex.), Yann Rougier (Voulez-vous maigrir avec moi, 100 000 ex.).
Une nouvelle collection est créée en 2004 : « Les Dicos d’Or de Bernard Pivot », en association avec L’Express/Lire.
Au rayon du développement personnel, Jacques Salomé fait un malheur : encore un auteur à plus de 100 000 exemplaires.
Après vingt-cinq ans d’existence, le département Jeunesse redevient, comme avant-guerre, un fleuron du catalogue. Fort de plus de 800 titres, son catalogue s’adresse à tous les enfants, des tout-petits (à travers ses personnages : Mimi, Didou, Camille, Coquillette) aux jeunes adultes. Les succès de la collection Wiz (Jonathan Stroud, Angie Sage, Neil Gaiman, Meg Cabot), lancée en 2002, ont imposé très vite Albin Michel dans le domaine très dynamique du roman pour adolescents. Par ailleurs, les aventures de Geronimo Stilton ont conquis des millions de jeunes lecteurs. L’album et ses inépuisables variations (de Richard Scarry à François Roca) restent au cœur du catalogue illustré, ainsi que les livres animés (David Pelham, Marion Bataille).
En 2000, un nouveau département est créé, Licence – Télévision, lequel connaît très vite un succès foudroyant avec les aventures de la chère Dora.
Le dynamisme éditorial d’Albin Michel se traduit, bien entendu, dans l’évolution des structures et du périmètre de la maison. A noter, parmi les faits les plus marquants :
2000 : rachat de la majorité de la société Dilisco, qui distribue les sociétés du groupe Albin Michel, Magnard-Vuibert et Dervy, mais aussi 120 éditeurs extérieurs.
2005 : rachat des Editions De Vecchi, société italienne spécialisée dans le livre pratique (cuisine, animaux, jardinage, développement personnel, ésotérisme). Cette société possède des filiales française, espagnole et mexicaine. La maison-mère est actuellement française et distribuée par Dilisco.
2006 : Vente de la Sedrap, une société spécialisée dans l’édition scolaire (primaire) et la vente directe aux écoles.
2008 : Vente de l’activité Bandes dessinées aux éditions Glénat. Cession de la majorité du Grand Livre du Mois à France-Loisirs. Regroupement de Magnard-Vuibert, De Vecchi, des départements Jeunesse et Pratique, de la fabrication et des fonctions administratives (comptabilité, finances, informatique) dans les locaux « Atlantic », créés à cet effet et situés, comme le siège de la rue Huyghens, à Montparnasse : 5, Allée de la 2ème DB – 75015 Paris.